La technologie se lie à l’art traditionnel du graffiti

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19 Juin 2016 Événements

J’ai l’impression que de nos jours les graffitis ne sont pas bien vus par notre société. Synonyme de grabuge, de violation à la propriété, nous nous efforçons de les faire disparaitre. Les graffitis souffrent trop souvent d’une image négative. Est-ce une réaction normale ou est-ce seulement de l’incompréhension envers cet art ? D’ailleurs, on peut appeler ça de l’art ??? En vrai, oui. C’est un art de la rue, underground, un art encore trop peu connu selon moi. Mon opinion a changé vendredi dernier…

 

Vendredi 17 juin, 21h15 ; Je marche dans les rues du quartier St-Jean-Baptiste. J’allais rejoindre des amis. Je suis passé tout près du Grand Théâtre de Québec, d’où provenait une musique peu conventionnelle pour une soirée tranquille. Il y avait une masse de gens qui regardaient dans la même direction. Ça a attiré mon attention. Curieux comme je suis, je me suis approché pour voir. L’événement Encres & Lumières par le collectif Interférences Arts et Technologies battait son plein. Pas le type d’événement auquel je suis habitué de participer. Du nouveau ? Pourquoi pas !

 

Rapidement, j’ai été obnubilé par la projection que je voyais. Il faut dire aussi que la projection était accompagnée d’une musique de DJ de style électro-house. Les variantes de tempo créaient un rythme qui accompagnait à merveille la projection. Tout pour entrer dans l’univers des graffeurs et ressentir les émotions du tableau qu’ils créaient collectivement. Je pense que je n’étais pas le seul à être ébahit. C’était presque silence complet auprès des spectateurs, bien qu’il y avait tout près de 200 personnes qui admiraient.

 

Le temps passait, les œuvres se succédaient. J’étais toujours aussi impressionné.

 

Je trouve fascinant le résultat sachant que les artistes ne sont pas des habitués de ce type d’art. En fait, c’est une réalisation de six jeunes de l’école Joseph-François-Perrault, qui ont auparavant suivi une formation (Six semaines d’ateliers de graff pour être précis), dirigé par l’artiste Nathalie Côté. Un invité spécial se joignait au groupe ; Patrick Beaulieu.

 

Qu’est-ce qu’on pouvait admirer ? Des images inspirées d’édifices patrimoniaux de Québec étaient projetées. Je parle entre autres de la porte Saint-Jean, le Parlement, le Château Frontenac, l’édifice du Centre de services Notre-Dame-du-Chemin (Desjardins), etc. Sur ceux-ci, les artistes ajoutaient leur « touche personnelle », leur interprétation d’un thème défini. Bref, ils s’exprimaient pour communiquer un message autrement que par la parole ! Le but du graffiti après tout.

 

 

Des graffitis collectifs, sans peinture, le tout rendu possible grâce à la technologie et une application spécialement développée pour un tel projet. Imagine, les artistes tenaient une fausse bonbonne aérosol reliée à la console. Le choix de la couleur et du type de trait se faisait sur la console également. Un dispositif dans la cannette permettait d’enregistrer les mouvements pour le reproduire de façon virtuelle, à plus grande échelle. L’image était projetée en direct sur la façade du Grand Théâtre de Québec.

 

Les effets spéciaux étaient aussi au rendez-vous.  

 

Samedi soir, c’était une projection de la performance qui a été réalisée le 17 juin, pour ceux qui n’ont pu y assister. Il était également possible d’admirer les dessins soumis par des étudiants du secondaire de la région de Québec.

Je suis très content d’avoir découvert cet événement et surtout d’en avoir appris davantage sur ce type de communication visuelle, d’expression d’opinion. Je porte désormais un regard différent sur ces œuvres.

 

 

Maxime Perreault

Collaborateur

 

Quelques partenaires de l’événement : Ville de Québec, Recto Verso, Elby, Interférences Art et Technologies, Caisse Desjardins de Québec, Grand Théâtre de Québec.